Par ici ...

Le 3eme Monde:
Il y a de petites choses, qui volent et virevoltent....

Emportées par le vent, elles s'éparpillent en miettes scintillantes,
révélant les lieux de leurs chutes.

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  • : 22/02/2006
  • : Littérature

zone #26

[AGAP#0149]


    Il passait tous les jours par cette rue où les quelques mendiants de la ville se trouvaient. Il doutait d’ailleurs qu’ils en soient réellement, ils n’avaient pas les mêmes yeux que ceux qu’il avait connus ailleurs… Pas une seule fois il n’avait vu les gens de la ville leur laisser quelques pièces, et cela bien autrement que par avarice sans qu’il ne puisse en déterminer la cause, il se serait facilement cru au moyen age.... Il demanda à Aurélien s’il existait des lois contre la « mendicité », il répondit qu’il n’y avait pas de mendiants dans la ville, il n’insista pas.

Parmi eux une femme plus vieille qu’elle n’en avait l’air, très souvent endormie, un sourire lointain sur les lèvres. Il voulait savoir pourquoi ils étaient là, elle particulièrement. Un jour qu’il passait encore, elle le jaugea, elle souriait du regard, il s’arrêta devant elle. Elle cessa de sourire et lui dit, d’une voix à la fois teintée de reproche et de tristesse « Je sais pourquoi tu as fui. Surtout, ne reviens pas. »

Elle souriait insolemment à présent, ça n’avait peut être rien d’agressif, mais elle lui faisait très peur. Depuis des mois qu’il avait voyagé il lui semblait que la distance entre lui et son point de départ n’avait jamais été si courte, ce fut comme si ses yeux lui avait fait tout revoir à nouveau.

Comme elle voyait qu’il ne bougeait pas, elle eut un grand éclat de rire, le tira par le bras et murmura à son oreille « recommence… ». Il écarquilla les yeux, partit sans regarder où il allait. Il s’était habitué à cette ville, bien sur il ne comptait pas y rester, mais il n’avait pas encore prévu de partir. Il voulait voir encore beaucoup trop de choses. Il erra toute la journée dans la ville, réfléchissant à la décision à prendre sans trouver laquelle.

 
 
 

    Elle voit passer les gens sans plus les regarder. Il est venu, ça y est, elle n’attend plus personne, plus rien… Que va-t-elle faire, son existence a gardé un sens jusque là, et maintenant ? Bientôt il faudra qu’elle parte de cette rue si elle ne veut pas se faire absorber par la zone. Mais tout de suite elle ne peut pas, il y a encore trop de vide en elle, trop vite… 

 La nuit arrive, elle repense à tout ce temps qu’elle a passé ici, était-ce vraiment nécessaire ? Elle rit intérieurement, combien de fois l’a-t-elle fait dans cette vie, dans les autres ? Elle ferme les yeux tant qu’elle sourit pour garder l’instant, elle pleurerait presque mais elle est trop heureuse, se serait trop douloureux pour ses yeux.

Un parfum de fleur d’oranger vient à elle, une odeur forte, elle serre ses paupières, elle retourne dans le champs où tout à commencé, l’air est doux, d’abord elle ne pense rien puis elle prie de ne pas revenir là bas, trop tard maintenant, tu as trop vieilli… Elle rouvre progressivement les yeux, avec soulagement elle constate les lignes fixes de la rue. Elle regrette quand même un peu, peut-être a-t-elle manqué sa dernière porte de sortie.

Quelques rares passant traversent encore la rue, puis c’est le silence, elle entend au loin des bruits qu’elle reconnaît pour les avoir longtemps entendus. Elle connaît cette ville, elle sait comment elle respire, peut être en a-t-elle assez ? Mais elle sait que la rue va lui manquer, elle essaye de l’absorber en image dans ses moindres détails, en toucher aussi, ensuite ce sera trop tard.     Par où ira-t-elle quand elle partira ? Elle aimerait trouver un fleuve, une rivière où se baigner, elle marchera jusqu’à l’eau. C’est sa dernière nuit se dit-elle, demain elle partira, elle trouvera un nouveau chemin.

 
 

 La vielle femme le hantait, cependant il luttait, il avait déjà pris une décision avant de venir ici, la question avait été réglée, il n’y avait pas à revenir en arrière. Le soir lorsqu’il rentra à l’appartement il ne trouva rien à dire. Aurélien sentit qu’il s’était passé quelque chose, et lui non plus n’insista pas ; il était mal à l’aise, il aurait voulu en parler mais à qui ? il n’y avait personne. Il ne dormit pas de la nuit hésita plusieurs fois à partir, à nouveau, tout quitter pour ailleurs.

 A l’aube, il sortit retourna dans la rue, la veille femme était là qui veillait, elle sourit en le voyant. Il vint se placer s’asseoir devant elle, pris les pièces qu’il avait en poche et les plaça dans sa main. Elle les regarda, attentivement puis le regarda lui, son regard trahissait l’intérêt qu’elle lui portait soudain, ou plutôt la curiosité.

«          Que veux tu savoir ?, lui dit-elle.

-          Rien, répondit-il, rien de ce que tu peux voir ne m’intéresse aujourd’hui

-          Alors que fais tu là ?

-          C’est toi que je viens voir. Toi, que fais-tu là ? »

Elle sourit mais d’un nouveau sourire, à la fois satisfait, amusé et surpris, puis rapidement il se mua en ce sourire malicieux qu’il lui avait vu si souvent.

« Mais tu n’as pas assez pour payer cette question, dit elle en empochant la somme, suis mon conseil, ne t’attarde pas trop par ici, nous ne sommes pas programmés pour nous arrêter ici, quoi qu’ils puissent te dire. »

 

Il ne la revit pas ni le lendemain, ni le surlendemain… Etait elle vraiment partie ?... il l’espérait, mais n’arrivait pas à s’en persuader. Il faisait de grandes promenades dans la ville, craignant de la trouver au détour d’une rue… Son départ était proche, il traversa encore une fois toute la ville avec cette impression fantôme d’avoir laissé échappé un détail, une importance qu’on ne perçoit pas… Il partit, il ne se souvenait plus très bien où il allait, la ville avait déjà repris quelque chose à lui.

Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 17:34
- Publié dans : zone #26
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[AGAP#1704]


L’immeuble où il habite n’est pas très loin, de l’extérieur il semble assez fade. Il lui explique que depuis quelques années beaucoup de modèles semblables ont étés construits par ici et dans d’autres villes du nord (il apprend qu’il est dans le nord, il va lui demander le nord d’où, mais il continue à lui parler du bâtiment et il oublie de lui poser sa question qui dans le fond n’est plus d’une importance primordiale). Une fois franchie la grande porte d’entrée il lui semble basculer dans un tout autre endroit, dans un hôtel, il y a un veilleur de nuit installé dans un hall accueillant, garni de fauteuils et de canapés. Voyant sa surprise il lui explique que l’usage avait démontré l’utilité de telles structures et que les bâtiments construits depuis les 30 dernières années en étaient équipés. Il repense à l’immeuble délabré, il lui demande s’il n’a pas un plan récent de la ville. Ils prennent l’ascenseur, il lui explique que l’ensemble du bâtiment répond à une thématique ancienne, très début 20e, il ne peut qu’acquiescer.

Ils arrivent devant son palier, dès qu’ils y sont il se sent mieux. Il y a suffisamment d’ordre et de fouillis pour qu’une réelle présence humaine soit perceptible ici. Il aime la disposition des meubles, la décoration. Et puis le salon sur deux étages avec une immense verrière avec porte vitrée, donnant sur un petit balcon ; ce soir il y a des nuages mais d’ici on doit pouvoir observer dans sa globalité la ville entière… Il va lui demander le plan à nouveau mais il se retient, chaque chose en son temps. Il ne sait pas vraiment quoi penser de son hôte, il réfléchit à la question pendant qu’il prend une douche. Il lui prête des vêtements et met les siens à laver. Lorsqu’il sort de la salle de bain, le repas est prêt, il a un instant de doute, puis ils se mettent à table tous les deux, la nourriture est bonne et chaude. Il prend soudain conscience qu’il y a des mois qu’il n’a pas connu le confort des métropoles ; ou peut être une époque autant avancée. Il constate avec effroi qu’il ne sait finalement rien des endroits par lesquels il est passé, il n’a jamais eu de conscience macroscopique de ces endroits. Peut-être lui était-ce nécessaire… mais ici, l’immanquable présence d’une organisation faisait resurgir cette curiosité réflexe à laquelle il ne pouvait plus échapper.

« Comment vas-tu ? , lui dit-il, ton voyage a du t’épuiser.

-          oui, je suis parti depuis longtemps, mais je ne me sens pas si fatigué que ça.

-          As-tu croisé d’autres voyageurs, ici il n’en est pas passé depuis des années. Ils évitent les villes, et les femmes plus que les autres.

-          J’ai rencontré une femme lorsque je suis parti, elle voyageait depuis longtemps, je suis à peine parti si j’essaye de faire une comparaison. Elle avait l’air à la fois très heureuse, quelque chose dans son regard allait plus loin, mais peut-être trop… j’aurais voulu voyager avec elle un moment…

-          Tu sais que c’est impossible.

 Il avait eu un regard perçant, dur et interrogateur en disant cela, cherchant à lire une réponse derrière lui.

-          Oui… je sais. » Il plongea dans son assiette, contemplant du vide moléculaire, tout monde si exceptionnel qu’il soit avait ses règles ; et ses contraintes étaient toujours fonctions des libertés qu’il pouvait offrir.

 

Ils finirent de manger en silence, ensuite il lui demanda un plan de la ville, il l’étudia et lui posa des questions. Il était tard, ils se couchèrent, il se sentait un peu mal à l’aise ici, quelque chose dans les villes perturbait les voyageurs, cela était certain, de plus quelque chose ici lui échappait, il le sentait, il y avait une phrase qui n’avait pas été encore prononcée, il redoutait le moment de l’entendre mais plus il serait loin et plus ce serait difficile, ses pensées glissaient, il rêva, croyait être dans une ville lointaine de son enfance, un jour où il avait plut et qu’il n’avait pas voulu rentrer, il ne pouvait pas encore rentrer, il errait sous la pluie, se décomposant lentement, tentant de trouver quelqu’un qui le reconnaisse,mais malgré son agitation cela faisait des jours qu’il n’avait pas dormi si confortablement.

 

 

[AGAP#1748]

Lundi 30 octobre 2006 1 30 /10 /Oct /2006 01:48
- Publié dans : zone #26
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AGAP#0213



La pluie se met à tomber, les rues se vident, il ne reste plus que quelques rares passants, il commence à se demander ce qu’il fabrique ici ; il sait que cette question sera récurrente, qu’il n’y pensera plus demain ou même plus tard, mais il pleut ; si les gouttes d’eau sur son visage sont une bénédiction éternelle, celles qui se glissent contre sa nuque ou à ses pieds glacent tout espoir en lui. Il s’arrête un instant, il s’imagine une chambre d’hôtel en hauteur, une grande porte vitrée tout le long de la terrasse pour voir les dégradés gris des nuages, le décor épuré de la pièce l’apaise, le contraste des lignes sombres et claires inhibe toutes pensées précipitées. Il sent le moelleux du lit, sent l’odeur impersonnelle des draps trop lavés, la douce moquette sous ses pieds nus, il écarte les orteils de plaisir, l’humidité de ses chaussures le ramène. Il pousse un soupir, il se remet à marcher, il se demande si on trouve des hôtels dans le coin, il marche encore, la pluie continue à tomber, il s’est habitué à la sensation de froide humidité, il perçoit un léger changement dans les rues, elles s’élargissent peu à peu, sans doute quitte-t-il le vieux quartier pense-t-il d’abord, puis il se reprend, ce qu’il a observé dans cet endroit depuis qu’il y est parvenu laisse supposer le contraire… Il repasse cette journée dans sa tête pendant qu’il marche, il regarde la trace noire à son poignet… Il arrive au bout de la rue à une rambarde, et en contrebas un flot vertigineux de véhicules.

Après tant de calme, cette agitation le trouble. Il reste accoudé un long moment à regarder passer ces « voitures ». Un bruit de pas le tire de son observation vide, un jeune homme s’approche de lui. Il est brun, plutôt grand mais malgré la bonne facture évidente de ses vêtements, l’effet de ses cheveux hirsutes, sa tenue mal ajustée et quelque chose en plus, qu’il ne définit pas, le ferait presque passer pour un nouveau genre de vagabond. Il arrive devant lui avec un sourire enthousiaste, lui tend la main et se présente, Aurélien. Il lui demande s’il est un voyageur, il lui répond « oui, en quelque sorte ». Il lui dit qu’il l’a vu de chez lui et qu’il est venu le chercher. Il reste abasourdi, il ne comprend pas. Il lui dit qu’il y a beaucoup de choses dont il voudrait parler avec lui, il lui demande s’il sait où passer la nuit, il lui propose de venir chez lui, il lui dit que de toute manière il ne pourra pas passer toute la nuit à déambuler dans les rues de la ville. Il lui demande pourquoi, il lui dit « viens, allons chez moi ». Il le suit.

AGAP#0149

Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /Oct /2006 17:04
- Publié dans : zone #26
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[AGAP#0000]

I
l l’accompagne où elle doit retrouver des amis ; Il découvre peu à peu des architectures qui lui étaient inconnues, des plans de ville jamais étudiés. Ils se retrouvent devant un ancien snack délabré, quelque chose qui ressemble à l’amerique dans les années 50. Il fait déjà nuit, pas d’éclairage public par ici. Ils vont vers le quartier centre de la ville, le cœur riche. Ils arrivent à une place, pas très grande en apparence, coincée entre les immeubles et pourtant parfaitement intégrée, elle lui rappelle
la place du Palais Royal mais ça n’a rien à voir, il y a un désordre simplement orchestré, les rues disparaissent derrière les sculptures si bien qu’on se croirait enfermé, mais on navigue à l’intérieur complètement libéré. Pas de réverbère, la lumière douce vient d’on ne sait où, éclaire sans cacher la nuit… ici est une place d’insouciance, révélant le luxe alentours. Cependant, l’endroit n’évite pas de lui faire croiser quelques garants de l’ordre, leurs uniformes sont dans la tonalité de l’endroit, esthétiques, non rébarbatifs et pourtant autoritaires. De rares prospectus sur le sol, il n’y prête pas tant d’attention, ils décident d’y aller. Lui ne les suit pas, son chemin va ailleurs, sans s’en rendre compte il accompagne un couple âgé, d’allure très respectable ; lui est de forte stature et ses cheveux blancs sont éclatants d’une classe innée, elle a un visage paisible et calme sur lequel les rides semblent s’être effacées d’elles-mêmes. Leur démarche même est gracieuse et lui se sent pataud. Dans ces rues là, les gens semblent si parfaitement instruits à ce goût classique que l’on retrouve dans tous les genres. Il se demande où il est tombé, il se demande si d’un instant à l’autre on ne va pas l'arreter pour délit de bon goût… l’homme parle, il écoute, il comprend que celle qui l’accompagne n’est pas sa femme ni même son amante. Elle a une très belle voix, ils discutent d’une chose qu’ils connaissent, ancienne, peut-être disparue. Ils marchent moins vite, il a du mal à les suivre, il remarque un bracelet à son poignet. Elle est faussement nostalgique peut-être, lui ne semble pas comprendre tout ce dont elle parle. Ils sourient, il s’arrête et lui prend la main, regarde le bracelet. Comme ils n’avancent plus il doit les dépasser, les laisser sans en savoir plus, sans percer ce secret, cette chose, entre eux…


[AGAP#1704]
Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 02:18
- Publié dans : zone #26
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Il traverse plusieurs zones étranges, il rencontre une famille quelque part dans un supermarché. Sans qu’il comprenne pourquoi, ils se mettent à lui parler, lui raconter des choses très personnelles. Ils veulent l’emmener chez eux, il reste en bas de l’escalier. L’endroit lui parait tellement glauque, il préfère ne pas monter. Il y a des insectes qu’il ne connaissait pas près d’une plaque d’électricité. Un mélange de coccinelles vertes et blanches et d’araignées… Il y en a à profusion, ça grouille littéralement. Il n’arrive pas à s’approcher mais son regard reste braqué dessus, zoom, percevant même le sinistre bruit de leurs pattes sur le métal. Une fille qui sort de l’immeuble le tire de ses réflexions, il se demandait déjà quels facteurs pouvaient entraîner de telles mutations, elle lui offre une pince à épiler dont les extrémités sont percées de vis dont les têtes s’opposent ; Selon elle cela lui sera d’une grande utilité, cela semble presque précieux… Il se pose d’autres questions, pour quelles sortes de bêtes cela servira-t-il ?

[AGAP#0213]

Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /Août /2006 00:00
- Publié dans : zone #26
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