Elle arrive dans une zone où la végétation est très dense, une sorte de climat équatorial refroidi, elle grimpe une petite vallée, les herbes lui arrivent à hauteur des cuisses, de l’autre coté, il y a une ancienne maison, aux volets mi ouverts mi clos de façon anarchique, l’extérieur parait sinon délabré, pas entretenu. Elle s’avance, un peu, lentement, elle observe tout autour de la demeure, la végétation s’est presque complètement emparée de l’espace, elle s’approche encore, prudemment, elle perçoit un bruit sourd et régulier.
Elle décrit un cercle à une distance suffisante de la maison pour l’observer sous tous les angles, de l’autre coté, juste accolé, il y a une petite cabane d’où provient le bruit et on voit que la maison est comme « perchée sur pilotis », elle l’imagine cernée par les flots… elle voit tout le paysage inondé, le ciel sombre, l’onde sur l’eau créée par le vent, il y a de la lumière à l’intérieur de la maison, elle voit plusieurs silhouettes derrière les rideaux, l’une s’approche de la fenêtre, l’ouvre et sort la tête, c’est un homme d’une trentaine d’année maximum avec de très long cheveux noir, elle reste figée, elle ne sait pas trop pourquoi, quelqu’un crie dans la maison, est ce la voix ou la langue, elle n’y entend rien, l’homme tire les volets et referme la fenêtre, il ne semble pas l’avoir vue ; elle réalise en même temps qu’elle ne sent aucunement l’eau qui lui arrive au dessus de la taille, l’eau est boueuse, ce qui lui remémore de vieilles histoires qu’elle avait lues avant de partir, elle a un frisson de dégoût ; des chiens qui aboient la ramène là où elle se trouve…
Une pulsion la pousse a se baisser dans les hautes herbes avant qu’elle ne réalise que les gens qui approchent se trouvent de l’autre coté. Elle décide de s’approcher de la maison, elle passe en dessous et se place derrière l’escalier qui permet d’accéder à la porte d’entrée, elle voit trois hommes dans une sorte d’uniforme accompagnés de deux chiens. Ces derniers ne semblent pas la voir, bien que cela l’arrange sur le moment, elle se demande vraiment où elle est tombée, ce n’est pas vraiment qu’elle s’emmerde, elle n’en a pas vraiment le temps mais elle se demande quand est ce qu’elle tombera sur une plage ensoleillée pour se reposer au moins un jour entier…. L’homme qui ne tient pas de chien tape assez violemment contre la porte, au dessus d’elle elle entend des bruits de pas, elle en distingue au moins quatre ou cinq différents, tous assez lents à l’exception d’un seul, mais ce n’est pas celui la qui se "précipite" pour ouvrir la porte, le policier (comme elle l’a appelé) a d’ailleurs le temps de frapper encore deux fois à la porte avant que la porte ne s'ouvre avec un grincement tortureux du bois…


