Elle arrive devant un bâtiment blanc, plastique, froid avec une seule ouverture au centre. Elle s’approche, elle rentre par l’ouverture, d’abord elle sent comme une décharge électrique en même temps qu’elle se fait happer dans le tunnel sombre qui l’aspire, elle est prise de vertiges, sa tête tourne. Puis elle retrouve la sensation du sol, son cœur bat vite, elle sent le sang qui courre dans son corps brusquement. Il y a un couloir circulaire devant elle, tout est blanc immaculé comme l’extérieur du bâtiment, elle avance lentement, dépasse un premier mur pour arriver dans une première salle. Dedans elle voit une image d’elle-même, une sorte d’hologramme très réaliste ou une sorte de statue de cire, quelque chose de très réaliste mais dont on sent sans une hésitation qu’elle est fausse. Elle fait un pas vers la chose, un bruit commence, un sorte de gazouillement de plus en plus fort, un bruit électrique, qui semble provenir de l’intérieur de son corps en face. D’abord elle ne voit rien, l’image garde une expression impassible, neutre, pourtant contre le mur elle voit une tache rouge s’étendre au fur à mesure que le bruit continue, se fait plus insistant, plus agressif à son oreille, elle continue a avancer dans le couloir rapidement, elle arrive dans une deuxième pièce. Le même schéma se reproduit, elle voit un double et lorsqu’elle tente de l’approcher une mécanique se met en place. Elle voit des morceaux de chair, d’abord petit puis de plus en plus gros, s’arracher de son corps, se déchirer lentement ; il commence a faire très froid dans la salle, le corps commence à se désintégrer de l’intérieur sans que jamais le visage ne quitte sa non expressivité, elle fuit vers une autre salle. Ici elle croit être mieux tombée, lorsqu’elle s’approche rien ne se produit, aucun bruit, aucun geste, rien. Elle commence à se détendre, à se poser des questions sur ce qu’elle a vu, elle se demande par où repartir. Elle regarde le double, il reste immobile, les yeux ouverts, elle se croirait presque devant un miroir. Mais soudain, son double s’agite, quelque chose semble exploser à l’intérieur d’elle, ses yeux semblent s’être deconnectés de la passivité qui les animait peu avant. Le double se rue vers elle avant de s’arrêter net et de s’effondrer au sol, laissant un filet de liquide noir s’échapper de sa tête. Elle continue d’avancer en s’attendant au pire, dans la salle suivante elle trouve encore un double, celui-ci gigote dans tous les sens, avant de se mettre à convulser, elle fuit encore. Elle arrive dans une salle encore semblable aux autres mais vide cette fois. Personne à l’intérieur. Elle continue d’avancer, elle arrive dans une toute petite pièce vide elle aussi puis en continuant d’avancer elle arrive à nouveau dans la première pièce, elle avance et la même mécanique se met en place, elle va pour se retourner et repartir d’où elle vient mais elle ne peux plus. Elle n’arrive pas à se tourner, quelque chose la retiens. Elle avance encore, plus lentement cette fois que la première elle arrive dans la deuxième salle, là encore le spectacle macabre se reforme sous ses yeux. Elle avance, elle a du mal, quelque chose lui pèse, quelque chose la fait se sentir mal, très mal. Elle arrive à la troisième salle, pendant quelques minutes le double ne bouge pas puis répète le même sursaut suicidaire. Elle veut se pencher pour voir le double de plus près mais elle n’y arrive pas. Elle continue elle passe le plus rapidement possible devant le double en train de s’étouffer et arrive à nouveau dans la pièce vide. Cependant la pièce n’est plus vide comme quelques instants auparavant. Il y a une rampe métallique, épaisse qui traverse la pièce en passant par le couloir sans qu'elle puisse comprendre ce qui la maintient en l’air. La barre semble continuer sa route plus loin, à travers les autres pièces. Elle avance pour voir où elle s’arrête, elle sent alors en travers de sa poitrine une douleur fulgurante, elle sent sa chair intérieure se traîner poisseusement sur quelque chose de dur, froid et rugueux. Elle voit la barre qui la traverse, elle voit le sang le long de la trajectoire, elle avance encore, le sang séché sur la barre la rend moins glissante qu’elle l’était auparavant et chaque pas qu’elle fait l’écorche un peu plus. Elle avance de plus en plus lentement. Sur le sol la traînée de sang sous la barre se fait de plus en plus importante, elle assiste de plus en plus longtemps aux décompositions des autres doubles, elle ne compte plus les tours qu’elle a fait, il fait de plus en plus sombre, tout fini par disparaître mais elle ne sait pas quand.
Vendredi 13 juillet 2007
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